édito
Monsieur le Sous-Préfet, Mesdames, Messieurs, Chers Amis, C’est bien sûr, avec un grand plaisir que je vous accueille ce soir, dans cette salle des fêtes, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux. Merci à vous tous d’avoir répondu à notre invitation pour ce moment d’échanges et de convivialité. Merci à vous, Monsieur le Sous-Préfet, qui maintenant depuis plus de 30 mois, servez l’Etat dans cet arrondissement. Merci au colonel RONDOT qui commande, depuis maintenant plus d’un an, l’ECASGN, l’Etablissement Central de l’Administration et du Soutien de la Gendarmerie Nationale. Un Etablissement, est-il utile de le rappeler, qui est le premier employeur de la ville, mais aussi un des dix plus importants du département de l’Indre, et dont les missions administrative, financière et de soutien logistique ont été confirmées. Merci au Capitaine de Frégate VALENTIN ; nouveau commandant du CTM de Rosnay, depuis quelques mois. Merci au Capitaine HARDOUIN, commandant de la Compagnie de Gendarmerie du Blanc, au Capitaine FÉNÉANT, Commandant la Communauté de Brigade, à l’Adjudant Chef GACQUER, responsable de la Brigade du Blanc, et à l’Adjudant-Chef HUBART, Commandant le PSIG de la région du Blanc. Merci au Commandant VALSECCHI, qui assure maintenant la responsabilité du Centre de Secours du Blanc, après l’intérim assuré par le Lieutenant MARTENA Merci aussi à Annick GOMBERT, Conseillère Régionale et Alain PASQUER, Conseiller Général et Président de la Communauté de Communes « Brenne-Val de Creuse » _______________
Au seuil de cette nouvelle année, je voudrais tout d’abord avoir une pensée pour tous ceux qui sont des acteurs de la vie locale, au sein de leur administration, de leur entreprise, de leur association et qui se battent et se mobilisent pour cette région et pour cette ville. Merci de tout cœur, à vous tous, qui par votre action participez à l’amélioration de son attractivité et de sa qualité de vie. Mes pensées vont aussi vers celles et ceux qui, confrontés à des difficultés familiales, d’emploi ou de santé, sont dans le besoin. Qu’ils sachent que nous avons conscience qu’ils doivent bénéficier de toute notre attention, de toute notre solidarité et qu’avec les élus qui m’accompagnent et les services municipaux, nous sommes à leur écoute et prêts à les aider. Au seuil de cette nouvelle année, permettez-moi de vous remercier pour l’action importante, souvent difficile que vous menez et de vous souhaiter pour l’année 2012, pour vous-même et vos proches, une excellente année. J’adresse aussi, au nom du Conseil Municipal, à travers vous, aux blancoises et aux blancois, tous nos vœux de bonheur et de santé. Régulièrement devant vous, à l’occasion des différentes cérémonies de vœux, je me suis exprimé sur différents sujets, je l’ai fait le plus librement possible, sans esprit polémique ; je l’ai fait en tant que responsable public et politique conduit régulièrement à décider, proposer et donner son avis, je l’ai fait aussi comme simple citoyen. Je l’ai fait à propos de la crise financière, du réchauffement climatique, ou de la nécessité de trouver un autre chemin, une autre voie, nous permettant de bâtir un nouvel ordre mondial au service de l’homme et de notre terre. Aujourd’hui, après avoir défendu des causes toujours d’actualité, comme la paix dans le monde, la lutte contre la pauvreté ou la préservation environnementale de notre planète, je porte ce soir, devant vous, un autre combat, beaucoup plus local, mais tout aussi symbolique, au nom de ces valeurs fortes que sont la justice, l’égalité et la solidarité. En effet, cet Hôpital du Blanc que j’évoquais lors de chacune de mes interventions, est maintenant menacé, est maintenant en sursis. Souvenez-vous en 2010, je me félicitais de l’attention particulièrement bienveillante que l’Etat, au travers de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation et d’un soutien financier annuel, portait à cet établissement. Souvenez-vous aussi qu’en 2011, je rappelais que son rayonnement venait d’être conforté par l’acquisition d’un Scanner, grâce au concours financier de la Région et la signature d’une convention avec le CHU de Poitiers pour la chirurgie. Depuis la réunion que j’ai eu le lundi 7 Novembre 2011 avec Monsieur le Préfet LAISNÉ, Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé, au cours de laquelle il m’informa, compte tenu des difficultés financières rencontrées, avoir soumis au Ministère, un plan de restructuration, presque tous les jours de nouvelles informations particulièrement inquiétantes pour certaines d’entre elles, nous parviennent. N’est-ce pas tout d’abord, l’avis à consultation lancé le 12 décembre par l’ARS, portant sur le projet régional de santé 2012-2016, qui prévoit la fermeture de la Maternité de l’Hôpital du Blanc et son remplacement par un Centre de Périnatalité de proximité et la transformation de son service de Chirurgie en Chirurgie ambulatoire. N’est-ce pas ensuite la demande faite par l’ARS, le 21 Décembre, aux Directeurs des Centres Hospitaliers du Blanc et de Châteauroux, de travailler à l’élaboration d’un projet de fusion entre les deux établissements, le premier devenant une antenne du second. N’est-ce pas aussi la reconnaissance par les pouvoirs publics, au travers de l’attribution le 30 Décembre dernier, d’un concours exceptionnel supplémentaire de 2,6 millions d’euros, en plus des 600 000 euros déjà accordés, du caractère structurel de notre déficit qu’explique la faiblesse de notre bassin démographique de recrutement et la mise en place totale en 2008 de la T2A, tarification à l’activité, qui nous fit passer d’une logique de moyens à une logique de résultats. Il faut en finir avec cet Etablissement blancois, que la loi Hopital-Patients-Santé-Territoire, votée en 2009, condamne sur le plan financier, et qui donc est appelée à disparaître. Car c’est bien cet objectif là qui transparaît derrière beaucoup d’arguments qui sont avancés régulièrement par les responsables régionaux de la santé : de son endettement aux problèmes liés au départ en retraite d’un gynécologue-obstétricien n’exerçant plus qu’un temps partiel de 20 %, en passant par la faible attractivité de notre région pour les praticiens hospitaliers. Aujourd’hui, à nouveau, je dénonce avec la plus grande fermeté la désinvolture avec laquelle est traité notre territoire, dont le malheur est d’être pauvre, vieilli, peu peuplé et isolé géographiquement. Comme je dénonce l’absence de dialogue, de concertation, qui ne peut que créer un sentiment de défiance dans la population à l’égard d’une administration peu au fait des réalités du monde rural. A aucun moment, en effet, l’ARS n’a souhaité conduire une réflexion avec tous les acteurs de ce dossier, élus, administration, hôpitaux de référence, personnel médical, en vue d’élaborer des solutions constructives permettant de mieux faire face aux difficultés rencontrées. Et c’est à ma demande, à la suite de la rencontre que je venais d’avoir avec le Directeur Général du CHU de Poitiers, que Monsieur le Préfet de l’Indre a pris la responsabilité d’organiser, fin janvier, une réunion avec les Directeurs Généraux de l’ARS du Centre et du Poitou-Charentes, les Directeurs du Centre Hospitalier de Châteauroux, du Blanc et du CHU de Poitiers. Notre région, celle du Parc naturel régional de la Brenne, risque demain d’être l’une des toutes premières à subir les conséquences implacables de ce mouvement de recentralisation qui transforme la technocratie régionale en un pouvoir froid, insensible aux spécificités locales. Avec ces dizaines de milliers d’habitants, ces centaines d’élus de toutes sensibilités, une démocratie citoyenne est en train de naître en Brenne et aux confins de la Vienne et de l’Indre et Loire ; elle est la manifestation d’une volonté populaire qui refuse le risque majeur de dérive vers un hopital « entreprise » qui exprime le désir profond de permettre aux habitants de bénéficier des mêmes droits et d’un égal accès aux soins, et qui s’oppose à ce qui sera, à n’en pas douter, un immense gâchis sur le plan économique et social avec la perte annoncée de près de 100 emplois. Je le redis à nouveau ce soir, c’est avec une immense joie et une grande satisfaction que nous avons accueilli l’enthousiasme, l’imagination et la combativité de tous ces citoyens que leur histoire et leur culture ne prédisposaient pas à une telle réactivité et à une telle détermination. Tous, nous garderons longtemps en mémoire ce flot ininterrompu de manifestants le 2 Décembre dernier, de l’Hopital à la Place de la Libération, criant leur colère, criant leur dégoût face à cet assassinat programmé du Centre Hospitalier du BLANC. Ceux qui détiennent le pouvoir de décision doivent savoir que ce pays, ses habitants sont entrés en résistance afin d’obliger l’Etat à tenir les engagements qu’il a pris. N’est-ce pas la périnatalité qui constitue un domaine prioritaire du plan stratégique régional de santé, dans lequel il est précisé que « les objectifs pour 2012-2016 doivent viser à maintenir la répartition de l’offre régionale existante et à améliorer l’accès aux lieux de prise en charge afin de réduire les inégalités sociales et territoriales de santé ». N’est-ce pas la Charte du Parc naturel régional de la Brenne approuvée par décret du 1er septembre 2010, qui prévoit, plus particulièrement en son article 323 que « l’Etat veille au maintien d’une couverture suffisante de services publics, en densité et en qualité, en particulier dans le domaine de la santé ». N’est-ce pas le Code de la Santé Publique qui précise en son article R.6123-50 qu’un établissement doit justifier d’une activité minimale annuelle de 300 accouchements pour bénéficier d’une autorisation d’obstétrique, condition que remplit la maternité du Blanc, avec près de 370 naissances. N’est-ce pas enfin, la très grande responsabilité de l’Etat dans la lutte contre la désertification médicale. A ceux qui, aujourd’hui, n’acceptent pas d’être solidaires de notre combat, pour des raisons bassement électoralistes, de pure politique politicienne, ou parce qu’ils n’auront pas su ou pas voulu prendre la mesure des enjeux qui s’imposent à notre territoire , je tiens à rappeler que le projet de restructuration présenté par l’ARS emporterait la fermeture à terme de l’IFSI qui accueille plus de 100 élèves infirmiers et 45 élèves aides soignants, mettrait en danger les patients et les parturientes qui devraient faire plus de 60 km pour être pris en charge et mettrait gravement en péril le réseau de soins et le maillage sanitaire départemental. Depuis maintenant un peu moins de deux mois, tous ensemble, nous avons montré, quel que soit le mépris dont nous avons été l’objet, que ce pays ne se résigne pas, n’accepte pas, au nom d’une cruelle logique financière, d’être dépouillé de cet outil de santé de qualité et de proximité dont il est particulièrement fier. Ce territoire, fort de la présence d’élus déterminés, capables de comprendre les hommes qui y vivent, d’accompagner leurs préoccupations, et de se battre à leurs côtés pour une meilleure qualité de vie, se tient aujourd’hui debout pour conduire à son terme ce qui restera très certainement son plus juste, son plus noble et son plus beau combat. Jean-Paul Chanteguet
Un Blog est mis en place… Faites passer massivement témoignages, protestations, soutiens… sur le Blog http://indispensables-maternite-chirurgie-leblanc.over-blog.com/ et le profil Facebook : maternité chirurgie Le Blanc Ils seront adressés à l’Agence régionale de la Santé
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